Madame, je n’ai rien à écrire. 19 Feb

“Madame, je n’ai rien à dire.”

C’est ce que cette élève m’a dit, l'autre jour, en atelier d'écriture. 

L’exercice était simple en apparence : imaginer un monstre et en faire une histoire.
Mais pour elle, arrivée récemment en France, c’était un obstacle immense. Elle s’est figée, les larmes sont montées, j'ai vu la panique dans ses yeux. 

Voici ce que je lui ai dit :

“Le but n’est pas d’être la meilleure. 

Essaie. Fais-toi confiance. 

Tant que tu essaies, tu réussis."

Quelque chose s’est alors débloqué. Son regard a changé. Elle s’est mise à écrire et elle a produit l’un des plus beaux textes de la classe.

Ce jour-là, j’ai compris une chose essentielle :
la page blanche n’est presque jamais un manque d’idées. C’est un manque de confiance.

Autrice moi-même, je connais bien ce syndrome. C’est pourquoi je partage aujourd’hui des astuces simples à transmettre aux élèves pour qu’ils osent reprendre le stylo quand la peur prend le dessus.

 

Astuce n° 1. Écrire comme si l’on parlait à un proche

John Steinbeck conseillait d’écrire comme si l’on parlait à une personne proche — une sœur, un ami, une mère — et non à un éditeur ou à un public.

La peur de la note ou du regard des autres bloque souvent les élèves.
Une solution simple : leur proposer d’écrire pour une personne de confiance, ou même pour eux-mêmes.

Quand on ne se sent plus jugé, les mots viennent plus librement.
Et l’écriture devient plus sincère… et souvent meilleure.

 

Astuce n°2. Écrire sans tout contrôler

Un plan trop rigide peut bloquer l’écriture. Parfois, il faut accepter de ne pas tout maîtriser et laisser l’intuition guider les mots.

Une solution presque miracle : le jogging d’écriture.C’est un rituel court et régulier (5 à 10 minutes), avec une consigne simple, où l’on écrit sans s’arrêter ni se censurer. Pas de correction, pas d’évaluation immédiate : juste écrire.

À force de pratiquer, la peur diminue. L’écriture devient un réflexe, pas une épreuve.

Marguerite Duras racontait avoir écrit L’Amant sans plan, avançant
« mesure par mesure, temps par temps », au rythme du texte qui se construisait lui-même.

 

Astuce n°3. Créer ensemble

Le travail de groupe est un formidable déclencheur. Parler, rebondir sur les idées des autres, écrire à plusieurs enlève une part de pression et relance l’élan créatif.

Les artistes l’avaient bien compris : cafés, cercles littéraires, réunions au sein de Maison de Médan chez Zola… C’est ainsi qu’ont émergé des œuvres collectives comme Les Soirées de Médan.

les soirees de medan

Dans cette continuité, les scénarios Hello Récit proposent des expériences d’écriture collaboratives mêlant audio, visuels et trames d'histoire.

Les univers, ancrés dans l’océan Indien, offrent des paysages, sons, personnages et situations qui nourrissent immédiatement l’imaginaire.

Résultat :
les élèves écrivent. Toujours.
Ils ne manquent pas d’idées.
Et surtout, ils ont hâte de revenir au cours suivant.

Dans Mission La Réunion, la sorcière du volcan, Grand-Mère Kalle, a capturé des enfants. Vos élèves deviennent alors la Ligue des 5, un équipage de pirates chargé de relever des défis d’écriture en groupe pour les sauver. 

Cliquez sur le lien ci-dessous pour voir la vidéo de la "mission La Réunion"

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Merci d’avoir lu la newsletter Le Journal Storytelling d'Hello Récit, et à bientôt pour plus de tips storytelling !

 

Johanne Randrianarivélo

Fondatrice de Hello Récit

johanne@hellorecit.com

 

 

Sources : 

Edithetnous. (s.d.). Le syndrome de la page blanche : comment le surmonter ? Édithetnous. 

MasterClass. (s.d.). Margaret Atwood teaches creative writing: Writing through roadblocks. MasterClass. 

Welcome to the Jungle. (s.d.). Vaincre le syndrome de la page blanche. Welcome to the Jungle. 

Bréjon, J. (2019). Le syndrome de la page blanche.